J'ai peur d'être proie à un sentiment qui ravage bien des c½urs ... J'ai peur ! Une douleur que mon âme n'a nullement expérimenté auparavant s'empare de plus en plus de mon être, me trouble l'atmosphère depuis quelques temps et me noie dans des océans de réflexions obscures, de pensées sinistres et dépourvues de gout . Cela ne fait que quelque temps d'ailleurs que je me suis enfin rendue compte que je suis bel et bien victime de ce qu'on appelle ''jalousie''... Sans blague, moi , jalouse ?! N'ayant que lui dans mon esprit, il devient hélas mon obsession . Il y a des mois de là pourtant, je l'observais passer devant moi, trop arrogant pour me consacrer quelques minutes . Et moi la pauvre, la chétive, je brulais d'envie de découvrir ce qui se cachait derrière son physique .
Ce jour là, elle descendit les escaliers toujours aussi légère qu'un papillon . Il était là, assis , attendant avec impatience son arrivée . Il l'aperçut . Leurs regards se croisèrent, se mélangèrent et ne firent qu'un . Le champ de leur vision se rétrécit . Il se leva, et inconsciemment prit ses mains froides ,les pressa dans les siennes, et les rapprocha de ses lèvres ... Son regard était toujours noyé dans celui de la jeune demoiselle , incapable de s'en détacher , et elle non plus avait le courage de détacher ses mains de ses baisers . Au milieu de sa pudeur, elle ressentita soudain une étrange sensation de volupté qui gagnait de plus en plus son corps . Elle trembla, retira ses mains des lèvres de l'inconnu, et baissa la tête ... Et comme il n'était pas encore prêt à renoncer à la conquête du c½ur de sa secrète bien-aimée, il lui saisit doucement le bras, lui caressa les doigts de la main . Il tremblait aussi, sa bouche voulait transcrire son état d'âme perturbé, mais ne prononça mot . Tous deux plongés dans un silence charnel, expérimentaient de nouvelles sensations , n'étant sûrs de rien, ils suivaient leur instinct . Elle avait peur, car elle avait l'impression que la femme en elle se manifesta, un désir noir et intense fit tressaillir tous ses membres .Elle se blottit dans ses bras ... Ce n'était qu'un rêve ! Mais notre demoiselle avait l'impression que ce rêve se répétait à maintes reprises . A chaque fois, elle réajustait le décor, lui rajoutait des couleurs, afin qu'il frôle la perfection . Elle se réveillait toujours déçue, la pauvre y a tellement cru , qu'elle passa la majeure partie de sa vie à attendre ... que sa monotone vie devienne une romance hollywoodienne .